Clem in the World
København - dag 2

Première journée tous ensemble. Bien évidement, j’ai vu la veille sans le savoir ce qui est à peu près prévu pour la journée. Balade dans les rues commerçantes, dans le port, la citadelle, la petite sirène. Le tout avec des potes pas vus depuis longtemps ! Et le ciel bleu en plus.

On commence par la citadelle et son moulin. Dur dur de les faire poser, mais ils n’ont pas le choix. Présentations dans l’ordre: Beber, Antho et Fanny, Julie.

En remontant vers la ville, le long des berges, nous nous arrêtons sur la place Amalienborg, où nous trouvons les palais où vit la famille royale. Anne nous rejoint sur le chemin. Les gardent se font mitrailler par les touristes. Je me demande si je vais finir fusillé si je n’arrête pas de les suivre pour prendre mes photos. Il est midi, la relève arrive.

Retour à Nyhavn. Je vous avais dit que j’adorais cet endroit? 

Anne nous laisse, puis nous nous enfonçons de nouveau dans la ville. Il est temps d’avoir un point de vue sur la ville, alors nous montons dans la tour. Aux toilettes un peu vieillots.

Nous ne restons pas longtemps sur le toit. Trop de vent glacial. En redescendant, nous nous arrêtons voir l’exposition du moment.

Nous continuons notre marche dans la ville. Le lego store. Encore. Ca me va. C’est reparti pour une séance photo.

Pour le soir, un met local nous attend. Le sild. Du Hareng mariné et “sorte de mayonnaise”. A faire passer avec des Carlsberg. 

Évadons nous.

To travel is to live
Hans Christian Andersen
København - dag 1

Mercredi 28 décembre, 5h, direction l’aéroport pour m’envoler à Copenhague. Mon arrivée sur le sol danois est prévue à 9h. Je dois retrouver Anthony, Fanny et Julie à 18h30 à la gare centrale, pour ensuite aller chez Bertrand et Anne à 20h. Une grosse journée d’exploration solitaire m’attend. J’arrive à l’aéroport de Kastrup. Une fois dans le train qui m’emmène dans le centre de la capitale, je me demande si j’aurais dû composter mon billet, et si je suis assis à une bonne place car un signal lumineux au dessus des sièges indique un mot qui ressemble à “réservé”. La seule chose que je sais, c’est que je suis paumé. Content d’arriver à la gare centrale. Je dépose mon sac pour la journée, je retire des couronnes danoises, et je suis parti, muni de mon appareil photo. Je fais un tour dans la gare, en recherchant le point de rendez vous que j’ai proposé aux autres à 18h30, mais je ne trouve pas l’horloge dont je leur ai parlé. Ca commence bien. Bon … on verra au moment voulu.

Mes premiers pas dehors. Il fait froid et il y a beaucoup de vent. Copenhague m’accueille avec une fine pluie. Pas de quoi m’empêcher à parcourir la ville. Je n’ai pas encore regardé la carte de la ville, alors je prend une direction au hasard. Je me retrouve sur la place de la mairie. Au moins, j’ai pris la bonne direction. Je suis étonné du nombre de Macdonald, de 7eleven et de Burger King que je croise en quelques minutes.

Puis je m’enfonce dans les rues piétonnes.

Je croise alors un garde royal qui surveille l’entrée du Lego store. Impossible de ne pas s’y arrêter. La visite du magasin s’impose. 

Malgré mon envie d’ouvrir une boite, de renverser les lego au sol, m’asseoir et construire le vaisseau impérial Star Wars, je ressors, et continue la visite de ville. J’arrive alors à nyhavn, le port que je venais de voir en lego. Le charme opère. Ses bateaux, ses immeubles colorés et ses restaurants. Un bâtiment pour charger, décharger et stocker les cargaisons des bateaux, est devenu un hôtel coûteux.

Je continue mon chemin le long des berges. Certainement pas la meilleure idée avec ce vent. Mais je ne capitule pas. J’imagine un loft donnant sur le port (puis je me souviens de mon salaire, et j’essaye d’oublier).

J’entre dans une citadelle, sans le savoir. Il est midi pile. Des soldats à l’entrée. Au garde à vous. Le supérieur crie. Ils se mettent en marche. Je me demande si j’ai le droit d’être là. D’autres touristes prennent des photos… ouf, c’est bon. Après un tour à l’intérieur de la citadelle, un tour sur les remparts.

Je suis proche de la petite sirène. Elle ne m’appelle pas mais je sais qu’elle est là. Alors j’y vais. Certains disent que c’est la chose à voir à Copenhague. D’autres, au contraire, la détestent. Sans avis, je prends quelques photos pour dire que j’y étais. Peut être aurais-je été plus charmé si des hangars n’étaient pas en arrière plan. 

La faim devient importante. Mais je me suis trop excentré du centre et il n’y a rien. Alors j’y retourne. Je vais plus vite qu’à l’aller. Je veux vite me protéger du vent dans des petites rues, quitter le port. Tout parait cher, et je ne sais quelle spécialité manger… alors je finis là où j’ai des repères. Macdo… Le caissier me parle dans un anglais parfait, et rapide. Un peu trop même. Il me met mes sandwichs dans un sac. Alors je me dis que j’ai jamais demandé “à emporter”. Je m’assois et me rends compte que tout le monde à des sacs. Étrange de gaspiller autant de sacs. Quitte à ne pas manger danois, j’aurai au moins appris quelque chose sur la version danoise du fast-food. Mais c’est pas l’heure de se poser des questions, mon ventre hurle. J’ai du mal à tenir le burger, je ne sens plus ma main tellement j’ai froid. 

En sortant du “restaurant”, je cherche un plan pour ne pas passer le reste de l’après-midi à l’extérieur. Alors je me dirige vers le Statens Museum for Kunst, un musée d’art. Sauf qu’il faut encore une fois que je traverse la ville, ses rues piétonnes et ses parcs. Encore quelques photos du Rosenborg Slot, chateau qui se trouve sur mon chemin, et je serai au chaud.

Je passe les quelques heures d’attente qu’il me reste dans le musée. Je n’ai jamais autant lu les commentaires des tableaux dans un musée pour y rester un maximum de temps. 


Lorsque je ressors, il fait nuit. Les lumières flottent au dessus des routes. Je commence mon retour vers la gare. Il me reste encore un peu de temps avant le rendez vous avec les autres. Je décide en chemin de retourner à Nyhavn, pour voir le canal de nuit. Mais je me perd. Je perd du temps, je ne sais plus où je suis. Je demande mon chemin à un couple, qui me dit que je suis à côté de la station “…”. Impossible de comprendre ce qu’ils racontent sur le moment. Je comprendrai plus tard que c’était Nørrebro, l’une des stations principales de la ville. Je n’étais pas si loin du nyhavn au final. Ils m’indiquent le chemin pour la gare centrale, et sont étonnés d’entendre que je veux y retourner à pied. 

J’espère pouvoir voir la ville illuminée. Mais les bâtiments le sont très peu, voire pas du tout. A Copenhague, il ne faut pas s’attendre à voir les monuments briller dans la nuit, ils se couchent en même temps que le jour. Seule la mairie fait office d’exception.

J’arrive à temps pour le rendez-vous. Julie attend, mais Anthony et Fanny sont absents. Pourtant, ils étaient censés arriver avant …Alors on les appelle. Ils sont bien à côté d’une horloge, et d’un macdo, comme nous. Dans une gare, comme nous. Mais pas dans la même… Nous nous retrouvons enfin dans une même gare. Et nous arrivons à trouver l’appartement de Bertrand et Anne. Mission accomplie.

I was lost in translation

Après déjà plus de 2 mois en France, je continue à penser régulièrement au Japon. Mes premiers pas, perdu sur le sol japonais, la découverte de mon premier labo, ma vie en résidence universitaire internationale, les cours de japonais, le club Niji No Kai, les soirées izakaya et all night karaoke, la première fois que je suis allé à Kamakura avec sa plage, ses temples et son bouddha géant, mon voyage en fin de stage, la gorge nouée au musée de la paix à Hiroshima et face au dernier bâtiment qui a résisté à LA bombe, la merveilleuse île de Miyajima, les geishas marchant dans les vieux quartiers de Kyoto, mon admission en thèse, mon arrivée dans le 2ème labo, ma courte vie à Kabukichou, toutes les rencontres que j’ai pu faire (les gaijins de Waseda, de Todai, et celui de Keio), l’escapade à Nikko, la semaine à Sapporo avec David Louis et Maréva, mon road trip avec Sergey et Jenya dans les alpes japonaises, les matsuri et feux d’artifices où tout le monde fait hééééééé, l’agréable ambiance des temples et sanctuaires, les sushis, les ramen, toute la nourriture japonaise en fait (sauf le natto!), les restaurants, l’acceuil des cuisiniers à coup de Irasshaimaseeeee, mes (nombreux) coups de gueule, et encore bien des souvenirs défilent dans ma tête.

Tokyo. Une ambiance unique plane dans cette ville. Tous ses salarymen en costume, ses métros et trains remplis, ses lumières dès la tombée de la nuit, ses marchants qui crient pour faire venir les clients, ses grattes-ciel et ses immeubles en sales états. J’ai l’impression d’avoir pas mal râlé et ramé dans cette ville. Trop bruyant, trop grand. Une part de moi apprécie de s’en être éloigné. Et pourtant… et pourtant… et pourtant une autre partie de moi veut encore se perdre dans ses quartiers.

Certains m’ont demandé si j’allais continuer à écrire, faire un “clemabesançon”. Et bien voilà Clem-in-the-world car je compte bien continuer à bouger, faire de la photo, et raconter des petites histoires dès que j’en ai, que ca se passe à côté de chez moi ou pas. 

Alors adios ClemaTokyo, et longue vie à Clem-in-the-world

Musashi: “J’aimerais aller dans une foule d’endroits éloignés, me rendre à l’autre bout de Kyushuu, voir comment vivent les gens à Nagasaki, sous les influences étrangères. Je brûle de connaître la nouvelle capitale que le shogun est en train de bâtir à Edo, les grandes montagnes et rivières au nord de Honshu. Peut être qu’au fond de moi, je ne suis qu’un Vagabond”

Koetsu: “Vous n’êtes nullement le seul. C’est tout naturel, mais il faut éviter la tentation de croire que vos rêves ne pourront se réaliser que dans quelque endroit lointain. Si vous le croyez, vous négligerez les possibilités de votre environnement immédiat. La plupart des jeunes gens agissent ainsi, je le crains, et deviennent insatisfaits de leur existence.”

La Pierre et le Sabre, Eiji Yoshikawa
A sanctuary in Ai-no-kura, a world heritage village in the Japanese Alps

A sanctuary in Ai-no-kura, a world heritage village in the Japanese Alps